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Digital Energy News - Interview d'Alex Chunet (Représentant ESA à la Banque Mondiale)

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Digital Energy News - Interview d'Alex Chunet (Représentant ESA à la Banque Mondiale)
Le 18 avr 2024

Alex Chuney

Monsieur Chunet, pouvez-vous nous présenter votre fonction à l’ESA et à la banque Mondiale ?
Alex Chunet : Je représente l’ESA auprès de la Banque Mondiale, dans le cadre du programme GDA (Global Development Assistance). Ce programme vise à promouvoir l’usage des technologies satellitaires pour des projets d’aide au développement. Il se concrétise par des partenariats entre l’ESA et des institutions nationales ou internationales comme la banque mondiale, l’AFD ou le FMI.

En quoi les technologies satellitaires peuvent-elles améliorer l’efficacité de l’aide au développement ?
AC : Les données géospatiales permettent d’observer des phénomènes au cœur des problématiques de développement, comme la déforestation, l’expansion des bidonvilles ou la baisse des rendements agricoles. Pour les acteurs du développement, ces observations peuvent être à l’origine de projets ou aider à prioriser les zones d’intervention. D’autre part, ces informations sont utiles pour le suivi des projets et l’évaluation de leurs impacts. Il existe aussi des usages plus spécifiques ; par exemple, les observations satellitaires permettent de suivre des indicateurs nécessaires à l’émission de crédits carbone.


Quels sont les différents domaines de l’aide au développement potentiellement intéressés par l’utilisation des données satellitaires ?
AC : Ils sont nombreux. Les données géospatiales sont par exemple utiles pour la gestion des catastrophes environnementales, aussi bien en termes de traitement des crises que d’évaluation des risques. Elles fournissent des informations sur les zones de conflit ou de fragilité, ou interviennent dans l’analyse du développement urbain. A travers l’observation des mers, elles touchent à des problématiques comme l’économie bleue, l’érosion côtière ou encore la qualité des eaux. Ces technologies trouvent également de multiples applications dans l’agriculture et la gestion des forêts, mais aussi pour les secteurs de l’énergie, des transports, de l’eau, ou même pour la santé, notamment à travers les informations sur les pollutions et autres conditions environnementales.


Quels peuvent être les usages spécifiques pour le secteur de l’énergie ?
AC : Nos activités autour du thème de l’énergie propre constituent l’un des 12 thèmes d’intervention du programme GDA ; elles ont débuté depuis 6 mois et nous avons ciblé 6 cas d’usage, portés chacun par un consortium.  
Les données géospatiales permettent d’évaluer le potentiel d’investissement dans les énergies renouvelables, en lien avec les ressources hydrauliques, l’ensoleillement ou le régime des vents. Elles peuvent aussi contribuer à l’évaluation du potentiel de demande énergétique d’une région ; plus généralement elles aident à prioriser les extensions des réseaux électriques en fonction de la localisation des zones de consommation, de la topographie et des risques environnementaux. Un autre domaine d’application est l’inventaire des ouvrages des réseaux à haute tension. On peut également citer l’évaluation des vulnérabilités aux risques de catastrophes naturelles. Enfin, ces technologies pourraient trouver des applications dans le domaine de la gestion des actifs, par exemple pour la maintenance préventive ou l’optimisation des politiques d’élagage.


Quels sont les atouts de ces technologies ?
AC : Elles sont d’abord disponibles à grande échelle et souvent gratuitement, notamment grâce à des acteurs publics comme l’ESA, la NASA ou les agences spatiales du Japon ou de l’Inde. L’ESA, à travers le programme Copernicus par exemple, publie en open access des images d’une résolution de 10 mètres avec une couverture du globe terrestre tous les 5 à 6 jours. 


A l’inverse, quelles sont les limites de ces technologies ou les contraintes pesant sur leur utilisation ?
AC : La première limite est la granularité des données. Par exemple, si l’imagerie spatiale peut être utile pour cartographier les réseaux à haute tension, elle est moins adaptée aux réseaux à basse et moyenne tension. C’est pourquoi il est souvent pertinent d’exploiter leur complémentarité avec des données collectées in situ ou des images aériennes – à condition que ces dernières soient accessibles. Ainsi, le rapprochement des données issues de ces différentes sources est un domaine d’innovation prometteur. Il peut aussi être nécessaire de disposer d’une cartographie des infrastructures clés pour exploiter les données géospatiales, ce qui contraint leur utilisation. 
Enfin, bien que beaucoup de données géospatiales soient accessibles gratuitement, leur analyse a un coût, notamment lorsqu’elle nécessite de développer des algorithmes de machine learning.


Quels sont les facteurs de développement des usages des données géospatiales ?
AC : En amont de la filière, le lancement de nouvelles constellations est surtout tiré par la dynamique du secteur privé et les grandes agences spatiales publiques comme l’ESA ou la NASA. Certains projets visent des applications spécifiques, comme Aurora pour les feux de forêt. Chaque lancement permet d’implémenter de nouveaux progrès techniques, avec une résolution qui augmente et le déploiement de capteurs spécifiques qui enrichissent la gamme des données.
A l’aval, le développement des usages est stimulé par le progrès dans les applicatifs d’analyse de l’imagerie. De nombreux cas d’usage innovants apparaissent. Le programme GDA a vocation à soutenir certains de ces projets – en ce moment nous accompagnons par exemple un projet d’évaluation du potentiel de production photovoltaïque en toiture. En ce sens nos ambitions peuvent rencontrer celles du programme Digital Energy de l’AFD.
 

louise muller
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